Le programme PROQCIMA, porté par le Ministère des Armées, traduit de manière concrète les engagements pris par le Président de la République en matière de stratégie nationale quantique pour doter la France de moyens de calculs destinés à garantir sa souveraineté dans ce domaine. Objectif : disposer en 2032 de deux prototypes d’ordinateurs quantiques universels de 128 qubits logiques et de conception française, prêts pour l’industrialisation.
Le programme PROQCIMA prend la forme d’un partenariat innovant, qui place sur la ligne de départ cinq startups françaises (Alice&Bob, C12, Pasqal, Quandela, Quobly) et se déclinant en plusieurs jalons, afin de sélectionner progressivement jusqu’à deux candidats, les plus performants.
Plus concrètement, le programme PROQCIMA :
- matérialise l’engagement de l’Etat dans la durée et son ambition scientifique et technologique ;
- permet de mettre en œuvre un mécanisme de commande publique représentant un chiffre d’affaire certain pour les startups sélectionnées ;
- organise une compétition permettant de sélectionner progressivement sur des critères objectifs les technologies qui nous mèneront à des solutions de calcul quantique à large échelle.
Cette approche assure l’équité entre compétiteurs et entretient une saine émulation qui pousse à l’innovation et à l’audace dans les choix technologiques, tout en garantissant une allocation efficace des moyens de l’État.
Le 5 mars 2024, la Direction Générale de l’Armement (DGA) a notifié des accords-cadres auprès des cinq sociétés, marquant ainsi le lancement officiel de PROQCIMA. Ces accords-cadres prévoient que le programme se décline sur une durée totale d’au moins 10 ans, pour un montant maximal de 500 millions d’euros. Cet investissement est réalisé avec le soutien de « France 2030 ».
En pratique, le programme PROQCIMA se déclinera trois grandes étapes, comportant des jalons pour certains décisionnels afin de sélectionner progressivement les candidats les plus performants :
- Étape 1 : preuve de concept (2024-2028), d’une durée prévisionnelle de quatre ans, qui vise à établir la faisabilité technologique et industrielle des solutions. Cette étape est divisée en :
- Phase 1 (2024-2026) : phase dite « examen » à l’issue de laquelle chaque candidat devra démontrer le niveau de maturité technologique attendu. Cette phase représente un financement de 60 M€ TTC pour les cinq entreprises.
- Phase 2 (2026-2028) : phase dite « concours » à l’issue de laquelle une sélection des trois technologies les plus performantes sera réalisée. Cette phase représentera un financement de 75M€ TTC pour les cinq entreprises.
- Étape 2 : maturation (2028-2032), d’une durée prévisionnelle de quatre ans, qui vise à piloter la levée de verrous technologiques jusqu’au point de bascule à partir duquel le passage à l’échelle devient possible ; elle est également divisée en une phase « examen » et une phase « concours », à l’issue de laquelle il restera au plus deux solutions.
- Étape 3 : industrialisation (post 2032) qui visera à passer des prototypes de 128 qubits logiques à des produits industriels utilisables par les premiers clients (objectif : 2048 qubit logiques).
Les 5 sociétés partenaires de PROQCIMA, qui portent 5 technologies différentes, ont toutes des atouts indéniables pour relever les nombreux défis vers des solutions de calcul quantique à large échelle. Il est cependant encore trop tôt pour savoir lesquelles parviendront à lever l’ensemble des verrous d’ingénierie, de fabrication et d’industrialisation. C’est là tout l’objectif du format de partenariat innovant du programme PROQCIMA.
Les entreprises :
- Alice&Bob: qubis de chats (qubis bosoniques)
- C12: spin d’électron piégés dans des nanotubes de carbone
- Pasqal: atomes neutres refroidis par lasers
- Quandela: ordinateurs quantiques photoniques
- Quobly: spin d’électrons sur une technologies de semi-conducteurs silicium
Deuxième guerre mondiale ! Le Royaume-Uni met en place un programme qui s’appelle ULTRA qui regroupe les esprits les plus brillants de l’époque, à commencer par Alan Turing, avec l’objectif de développer la première machine de calcul capable de déchiffrer le dispositif ENIGMA. La réussite des objectifs du programme a été décisive dans l’issue de la guerre, comme en témoignent les archives qui ont été déclassifiées 50 ans plus tard et finalement à l’origine de l’informatique moderne. Un siècle plus tard, dans un contexte de conflictualité croissante comme vous le savez, le gouvernement français lance le programme PROQCIMA, inspiré du programme ULTRA et adapté à l’ère de l’informatique quantique.