En juin 2026, le secteur quantique français a franchi une nouvelle étape en se concentrant davantage sur le déploiement ; les politiques, les infrastructures et les activités commerciales sont désormais de plus en plus étroitement liées à la sécurité nationale, au calcul haute performance (HPC) et à la cybersécurité post-quantique. L’annonce par l’ANSSI — l’agence française de cybersécurité — qu’elle cesserait de certifier, dès 2027, les produits de sécurité dépourvus de chiffrement résistant au quantique a suscité une attention internationale. Cette mesure incitera les organismes publics et les opérateurs d’infrastructures critiques à délaisser les systèmes cryptographiques conventionnels, tout en renforçant la position de la France comme l’un des États européens les plus volontaristes en matière de transition vers le post-quantique.
Les infrastructures publiques sont également demeurées au cœur de la stratégie nationale. Dans le cadre de la deuxième phase de la Stratégie nationale quantique, GENCI et Alice & Bob ont signé un accord prévoyant l’acquisition, par la France, d’un ordinateur quantique doté de 18 qubits logiques (de type « cat-qubit ») destiné à l’infrastructure de recherche nationale. Cet achat constitue une étape concrète vers l’intégration de matériel quantique national au sein de l’écosystème informatique public français et reflète la volonté du gouvernement d’articuler le développement du quantique avec les capacités souveraines de recherche et d’industrie.
Sur le plan commercial, Alice & Bob et Quandela ont porté la dynamique du secteur. Alice & Bob a dévoilé son système « Helium Quantum System », intensifié sa collaboration avec Bull sur l’intégration quantique-HPC et a été sélectionnée pour le programme « French Tech Next40 » pour la deuxième année consécutive. De son côté, Quandela a fait état de progrès concernant l’intégration à faible latence de processeurs quantiques photoniques via la technologie NVLink de NVIDIA et a accéléré son déploiement international grâce à un partenariat avec le groupe qatarien Mekdam Holding. Pasqal a également poursuivi sa préparation en vue d’une phase davantage tournée vers le marché public, en nommant Stéphane Rougeot au poste de directeur financier alors qu’elle avance dans son projet de rapprochement d’entreprises. Plus tôt en juin, Quobly avait annoncé la clôture d’une levée de fonds de série A d’un montant de 115 millions d’euros.
La coordination internationale s’est élargie sur plusieurs fronts. Le Canada et la France ont signé une déclaration conjointe sur la coopération en matière de sciences et technologies quantiques lors de la réunion des ministres du Numérique du G7 en 2026, tandis que les entreprises françaises continuaient de tisser des liens en Europe, dans la région du Golfe et aux États-Unis. La sélection de Quandela pour la phase A de l’initiative « Quantum Benchmarking » de la DARPA a par ailleurs souligné le rôle croissant des startups françaises dans les évaluations mondiales de l’informatique quantique à l’échelle de l’utilité pratique (*utility-scale*). Présentation de TQI 2.0
La structuration de l’écosystème s’est poursuivie avec l’événement France Quantum 2026, qui a rassemblé chercheurs, startups, entreprises clientes, responsables de la défense et investisseurs. Cette manifestation a mis en lumière un secteur en transition : il passe d’une recherche soutenue par des fonds publics à une dynamique de concurrence sur les marchés de capitaux, tandis que les échéances liées à la cybersécurité post-quantique confèrent à la stratégie quantique française une dimension plus industrielle et davantage axée sur la sécurité nationale.
Voici une liste non exhaustive de quelques actualités ayant marqué la communauté quantique française en juin 2026.