Depuis son lancement en 2021, la stratégie nationale quantique a mobilisé 600 millions d’euros de financements via France 2030, déployés autour de cinq axes de programmes.
Cinq ans plus tard, plusieurs ordinateurs quantiques dits “bruités” sont opérationnels ou en cours d’installation, l’offre de formation sur les technologies quantiques s’est beaucoup étoffée, et un écosystème de startups s’est structuré autour des grands programmes de la stratégique quantique : PROQCIMA, HQI, Cryonext ou encore le PEPR Quantique.
À retenir sur le bilan de la stratégie nationale quantique 2021-2025
- 600 M€ de financement engagés depuis 2021, sur une enveloppe globale annoncée à 1,8 Md€ (incluant budgets ministériels récurrents, fonds européens attendus et effet de levier privé)
- Deux ordinateurs quantiques sont installés au très grand centre de calcul du CEA : Ruby de Pasqal et Lucy de Quandela. Un troisième système, Kity d’Alice & Bob, doit les rejoindre en 2027.
- +40% de masters et +25% de doctorats dédiés aux technologies quantiques
- 67 projets européens financés et 10 bourses ERC obtenues
- Plus de 600 publications scientifiques produites
- Cinq axes de programmes déployés : recherche & formation, calcul quantique, technologies habilitantes, standards & métrologie, prématuration/maturation
600 millions d’euros pour lancer l’écosystème quantique français
Lancée en janvier 2021, la stratégie nationale quantique a été annoncée à hauteur de 1,8 milliard d’euros. Ce montant global additionnait les nouveaux financements du plan France 2030 (600 millions d’euros), les budgets récurrents des ministères, les financements européens attendus et un effet de levier sur l’investissement privé.
Ces 600 millions d’euros de France 2030 avaient pour objectif de lancer, depuis 2021, le développement de programmes de soutien à l’écosystème français des technologies quantiques, organisés autour de trois grandes familles technologiques (le calcul quantique, les capteurs et les communications), le calcul étant la priorité.
La stratégie est pilotée par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI), sous la coordination de Loïc Le Loarer, coordinateur national de la stratégie quantique.
Cinq grands axes de programmes déployés depuis 2021
Les financements de cette première stratégie ont été répartis en cinq blocs : recherche et formation, calcul quantique, technologies habilitantes, standards et métrologie, prématuration et maturation.
| Axe | Budget | Programmes |
|---|---|---|
| Recherche & formation | ~200 M€ | PEPR Quantique, QuantEDU-France |
| Calcul quantique | ~300 M€ | PROQCIMA, HQI, Q-LOOP |
| Technologies habilitantes | ~70 M€ | AtomQtrl (lasers), ASIS (isotopes), CryoNext (cryogénie) |
| Standards & métrologie | ~10 M€ | MetriQs |
| Prématuration / maturation | ~20 M€ | Quantxium, Quantum LaunchPad |
Recherche et formation : PEPR Quantique et QuanTEdu-France
Doté de 140 millions d’euros, le programme PEPR Quantique finance de la recherche fondamentale au sein de trois grands organismes du domaine (Inria, CEA, CNRS), à la fois sur des problématiques ciblées par filière technologique et sur des axes plus exploratoires.
Le programme QuanTEdu-France, doté de 60 millions d’euros via l’appel à projets Compétences et Métiers d’Avenir, réunit un consortium de 21 établissements universitaires piloté par l’Université Grenoble Alpes. Il finance des formations diplômantes de niveau Master et des contrats doctoraux dans les technologies quantiques.
Calcul quantique : PROQCIMA, HQI et Q-LOOP concentrent près de la moitié des financements
Le programme PROQCIMA est un partenariat d’innovation dual opéré par la Direction générale de l’armement, qui opère comme un marché de commande publique et non simplement comme une subvention. Il soutient la R&D de cinq startups françaises (Pasqal, Quandela, Alice & Bob, C12 et Quobly) selon une sélection progressive des voies technologiques les plus avancées vers un futur ordinateur quantique tolérant aux fautes.
Le programme HQI, opéré par Inria et le CEA, vise l’hybridation entre calcul classique et calcul quantique. Il finance notamment l’achat de machines installées au très grand centre de calcul du CEA à Bruyères-le-Châtel : celles de Pasqal et de Quandela sont déjà en service, celle d’Alice & Bob (signée à VivaTech) est attendue pour 2027.
Le programme Q-LOOP, géré par l’IRT Nanoelec, soutient le développement technologique de l’électronique de contrôle et d’algorithmes de correction d’erreurs pour les qubits à l’état solide.
Technologies habilitantes et CryoNext
Trois programmes soutiennent le développement de la chaîne de valeur de l’ordinateur quantique : un programme AtomQtrl dédié aux lasers pour la filière atomes neutres et ions piégés, un programme sur les isotopes stratégiques (hélium, silicium, germanium), et le programme CryoNext. Opéré par le CEA, ce dernier développe huit programmes de R&D en cryogénie, qui financepour partie des laboratoires publics et pour partie des industriels avec un objectif d’industrialisation d’ici 2030.
Standards, métrologie, prématuration et maturation
La première stratégie a également financé des travaux de normalisation et de métrologie, un enjeu d’influence dans un domaine technologique naissant, ainsi qu’un dispositif de détection de nouveaux projets et de soutien aux incubateurs et aux spin-off, à l’image du programme Quantxium.
Des résultats concrets pour l’écosystème français
Cinq ans après le lancement de la stratégie, plusieurs ordinateurs quantiques sont opérationnels ou en cours d’installation en France : Ruby, l’ordinateur à 100 qubits d’atomes neutres de Pasqal, et Lucy, présenté comme le calculateur photonique le plus puissant d’Europe par Quandela. Un troisième, Kity, développé par Alice & Bob, est attendu à l’horizon 2027.
Plus d’une dizaine d’entreprises, acteurs clés de l’écosystème quantique français, sont aujourd’hui soutenues dans le cadre de la stratégie, parmi lesquelles Alice & Bob, C12, Pasqal, Quandela et Quobly (réunies au sein de PROQCIMA) ainsi que Welinq et Qubit Pharmaceuticals.
Côté recherche et formation, la stratégie a permis de financer 67 projets européens et d’obtenir 10 bourses ERC, pour plus de 600 publications scientifiques. Les effectifs formés ont progressé de +40% en master et +25% en doctorat sur les technologies quantiques.
Vers une nouvelle phase d’accélération 2026-2030
Le 22 mai 2026, le Président de la République a annoncé un engagement supplémentaire d’un milliard d’euros pour renforcer la stratégie nationale quantique sur la période 2026-2030, portant l’enveloppe publique à 1,7 milliard d’euros. Découvrez le détail de cette nouvelle phase et de ses cinq axes stratégiques.